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jeudi 15 octobre 2020

Jour 9

Hiver tardif


carnet de confinement journal illustré jour 9




Jour 9 du carnet de confinement. 

Dernières neige

Le thermomètre chuta dans la soirée, et la pluie annoncée se transforma vite en énormes flocons de neige mouillée, alors que les enfants terminaient leur diner dans la grande cuisine voûtée. Il y a quelque chose de magique lorsque l’on regarde la neige tomber. Les enfants, mais pas seulement eux, sont émerveillés, enthousiastes, et fascinés. Il fallut les prévenir que cette neige risquait fortement de fondre dès le lendemain : je craignais de grosses désillusions au réveil. En attendant, ils montèrent se coucher, des flocons de neige plein l’esprit. Le plus jeune des deux mis précieusement sous son oreiller, la petite dent de lait qui venait enfin de tomber, elle aussi, dans la soirée.

Le cours de la vie était à peu près normal, et nous pensions à ceux restés en ville, à la famille, aux cousins, aux amis… Nous nous sommes mis aux rendez-vous par Internet, aux jeux avec les copains via zoom ou skype. Le wifi n’était pas bien puissant (on avait un peu l’impression d’être revenu 25 ans auparavant, avec un grand maximum de 512ko !), mais il existait, et permettait, lentement, de télécharger et de renvoyer les devoirs des enfants.

mardi 13 octobre 2020

Jour 7

L'école à la maison

Carnet de confinement jour 7



Jour 7 du carnet de confinement. 

Reprendre de bonnes habitudes

Surtout ne pas se laisser envahir par l'impression de vacances. Nos journées étaient rythmées par les devoirs des enfants, qui pouvaient durer des heures. Mais avoir un jardin pour cour de récré adoucissait les obligations des leçons et des exercices. Et dans ce jardin, pendant notre absence, la végétation s'en était donné à coeur joie. Tout au fond, de jeunes orties s'épanouissaient, et j'emmenais bien vite les garçons à la cueillette des herbes sauvages, ce qui était bien plus drôle que d'aller faire la queue dans un magasin.  Les expériences furent nombreuses, pas franchement extraordinaires, mais sympathiques. 

Nous vivions quasiment en autarcie, ne quittant le jardin que pour aller chercher de l'eau à la fontaine ou le panier de légumes de la coopérative agricole du coin. une fois par semaine, le pater familias faisait tout de même un petit saut "en ville" pour rapporter le peu que nous ne trouvions pas chez le maraicher.

vendredi 9 octobre 2020

Jour 6

 Occupations de week-end

Journal de confinement jour 6

Jour 6 du carnet de confinement. 

Ou l'art d'occuper les enfants et ceux qui ne le sont plus tout à fait.

Cela faisait bientôt une semaine que nous étions partis. Nous avions à peu près pris nos marques, à peu près réalisé que nous n'étions pas en vacances, à peu près repris un rythme de travail quotidien. 

J'avais emporté une boite de crayons, couleurs, ciseaux et autres pour les enfants, auxquels j'avais curieusement ajouté un pistolet à colle, mais rien pour moi, ou à peine : un carnet de dessin, une toute petite boite d'aquarelle, mais aucun matériel ni matériau pour créer des bijoux. Qu'importe, je ferai autre chose...  L'idée a germé peu à peu, en faisant faire des illustrations diverses aux enfants, de m'y mettre moi aussi, leur montrer que non, ce n'était pas si difficile de dessiner, même n'importe comment. Je pense qu'ils n'en furent pas vraiment persuadés : au contraire, j'eus droit à de vives félicitations pour mes petits croquis quotidiens, à mon goût un peu naïfs. Mais j'avais décidé de m'y mettre plus sérieusement et je me prenais au jeu en fin d'après midi, chaque jour avec eux pour faire le point sur les détails plus ou moins marquants de la journée.

jeudi 8 octobre 2020

Jour 5

Cuisine



Jour 5 d'un carnet de confinement. 

Tout est dans les détails

Retrouver les habitudes du quotidien dans cette maison de campagne passait aussi par des détails culinaires : tous ces ingrédients que comportait notre cuisine en ville qu'il avait bien entendu était hors de question d'emporter, les épices, les huiles, les levures... Et pas faciles à retrouver dans la supérette du coin, puisque nous ne voulions surtout pas aller jusqu'à la grande ville du coin "faire un plein" au supermarché. 

Des étés précédents, il restait quand même quelques petites choses bien utiles : des cubes de bouillon habituellement utilisés par le beau-frère pour ses risottos; du curry de la cousine pour saupoudrer sur les légumes rôtis, un peu de farine bien enfermée à l'abri des insectes, ou encore de la poudre d'amandes un peu à la limite de la date de conservation - et intérieurement, je remerciais les amies de ma belle-même et leurs bonnes idées pour des tartes pas détrempées.

mardi 6 octobre 2020

Jour 2

 Un petit matin ensoleillé

Journal illustré du confinement jour 2

Jour 2 du carnet de confinement. 

Le jardin

La nuit  avait été courte et glaciale. Nous avions mis le chauffage en route, mais la grande maison aux murs épais, avait été fermée pendant tout l'hiver et peinait à se réchauffer. Les garçons et leur père avaient "dormi" dans le même grand lit pour se tenir chaud - dormi, c'est un bien grand mot pour le Pater Familias qui souffrit du sommeil -normalement- agité du plus jeune des deux schtroumpfs, De mon côté j'avais préféré le calme d'une autre chambre, mais protégée par un certain nombre d'épaisseurs, tant de pulls que de couvertures. 

Le soleil éclatant du matin nous trouva encore bien fatigués par la courte nuit et le long trajet. Mais le jardin était magnifique, les jonquilles en pleine floraison, les bourgeons pointaient partout et l'herbe était d'un vert presque lumineux. Il allait falloir réaliser que nous n'étions pas en vacances, bien que dans ce cadre familial que nous n'avions jamais connu autrement que pour la détente. Prendre d'autres habitudes, ou plutôt adapter nos habitudes quotidiennes à ce lieu de villégiature. 

La cheminée fut bien vite mise à contribution pour réchauffer la maison, le bois de l'an dernier nous attendait sagement rangé dans l'ancienne bergerie, "la grange" comme nous l'appelons. Le platane avait été élagué récemment, mais les grandes branches encombraient encore une partie du jardin. Les élagueurs reviendraient plus tard pour s'en occuper. En attendant, il servait de terrain d'acrobaties à un chat qui y avait pris ses aises.

lundi 5 octobre 2020

Jour 1

Retour en arrière

 Au mois de mars, j'ai commencé un drôle de carnet. Une suite de pages illustrées comme jamais je n'aurais imaginé en faire. C'était une période comme jamais nous -tous- nous n'aurions imaginé la vivre. 

Certaines pages ne sont d'ailleurs pas terminées, lorsque je trouve un moment, je m'y mets à nouveau. J'ai décidé de les publier ici, après en avoir dévoilé quelques extraits sur Instagram

Journal illustré du confinement jour 1

Jour 1 du carnet de confinement. 

Prologue

Fuite en avant.
8h de route dans le nuit.
Impossible d'imaginer que cette parenthèse durerait si longtemps.
Avoir le luxe du choix.
Peser rapidement le pour et le contre : appartement en ville contre maison isolée à la campagne? Avec des enfants, la réponse ne se fait pas attendre.

Les rumeurs étaient catastrophistes : Paris va être bloqué, l'armée sera mobilisée pour fermer tous les accès, une semaine avant nous hésitions encore, nous envisagions de partir pendant 15 jours, avec un départ en fin de semaine suivante, puis le jeudi, et le vendredi précédents, les écoles ont préparé les cours par correspondances pour les enfants. Il était temps, nous devions changer la date de location de la voiture, et puis.... plus rien. Plus aucune voiture de dispo. (ah, les parisiens sans voiture...) Nous avons eu la grande chance de nous en faire prêter une, bien plus petite. "Si je te dis un jour que deux heures plus tard nous devons partir, est-ce que les valises seront prêtes? Chiche? ..." Les valises furent prêtes. pour 15 jours, comme pour deux mois. Manches longues, manches courtes, sandales et bottes de pluie, manteaux et t-shirt...Tout prévoir, tout envisager, mais dans le minimum d'espace. Et un départ en fin d'après-midi. Le pire du pire bien entendu. Les enfants dormaient, épuisés, lorsque Macron parla à la radio, annonçant le Confinement.

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