mardi 9 octobre 2007

Mon Oncle est centenaire…

"La vie, c'est très drôle, si on prend le temps de regarder."


Jacques Tatischeff, dit Jacques Tati, d’abord sportif professionnel, ensuite humoriste, acteur, réalisateur de courts, puis de longs métrages. Il joue les boxeurs (Soigne ton gauche, 1936), facteur à vélo (L’école des facteurs, 1947, dont il s’inspirera la même année pour son premier long métrage, Jour de fête), enfin il crée Monsieur Hulot, personnage lunaire, cousin de Charlot et de Buster Keaton, qui promènera sa longue silhouette dans quatre films : Les vacances de monsieur Hulot (1953), Mon oncle (1958), Play Time (1967), enfin Trafic (1971).
Une brève filmographie (dont la dernière pièce sera Parade, en 1974) qui a mené Tati de la campagne à la mer, avant de le plonger dans la ville, et avec elle le progrès, l’architecture et les voitures, une modernité dans lequel l’homme a dû trouver sa place. Hulot avait su dénicher la sienne :
"Il passait outre les conventions et opposait au monde étriqué ou trop vaste sa propre mécanique de joies humaines, remarque Macha Makeïeff . La vie comme un dimanche, un jour de kermesse, un éloge de l’état de vacance."




Il passe les quinze dernières années de sa vie à payer les dettes qu'il avait contractées pour monter le projet pharaonique, mais pas déraisonnable, de Playtime au début des années soixante. On le considère comme un « ingénieur du comique », c'était un ingénieur qui avait la tête dans les étoiles. Un rêveur émerveillé qui croyait à la vertu de l'innocence, qui croyait qu'il suffisait de dire non en hochant la tête et de s'éloigner à grandes enjambées pour échapper aux hommes d'affaires et aux banquiers.



Ces dernières années ont vu la « réhabilitation » de l’œuvre de Jacques Tati, avant tout grâce aux « Films de mon Oncle » : On trouve ICI un mot de Jérôme Deschamps qui a été a l’initiative avec Macha Makeïeff et Sophie Tatischeff, de la restauration des films de Tati ; mais également par la réédition du mobilier qui a été utilisé pour le film « Mon Oncle »

Jour de fête: François, le facteur inventé par Jacques Tati en 1947, est sans conteste le facteur le plus célèbre du cinéma français.
Le film (…) relate les aventures du facteur de cette bourgade où une troupe de forains vient de planter leur chapiteau. Le héros, joué par Jacques Tati en personne, est un personnage naïf, enthousiaste, empli d’une grande conscience professionnelle, mais d’une maladresse incommensurable.
Ainsi, c’est par le trou d’une bâche du cirque, qu il entrevoit la projection d’un film qui va changer sa vie. : François décide désormais qu’il fera sa tournée "à l’américaine", à toute vitesse, avec efficacité et fiabilité.... et quelques ratés.
Déjà esquissé dans un précédent court métrage de Jacques Tati, "l’Ecole des facteurs", ...



(dont voici un extrait)

... le personnage de François préfigure le comique burlesque du personnage emblématique de Jacques Tati, le Monsieur Hulot des "Vacances de Monsieur Hulot", de "Mon oncle", de "Play Time" et de "Trafic". Un personnage qui parfois, a été comparé au Charlot créé interprété par Charlie Chaplin, que Tati admirait beaucoup.
"Jour de Fête" aurait du être le premier film français en couleur. Mais le nouveau procédé n’arriva pas à fonctionner. Cependant, en 1988, Sophie Tatischeff, la fille du réalisateur, avec François Ede, ont restauré minutieusement le procédé Thomson, en reconstituant les couleurs, image après image. La version couleur de "Jour de Fête" a pu finalement être présentée au public en janvier 1995.
(source)


Une scène des vacances de Monsieur Hulot, avec Jacques Tati dans le rôle principal.



Et la silhouette de bronze, qui observe les vacanciers sur la plage à St Marc sur Mer.



Dans Playtime, son œuvre la plus ambitieuse, (et aussi la plus désastreuse financièrement !) il s’inspire des nouvelles méthodes d’enregistrement stéréophonique de la Pop Musique. Le film est tourné en 70mm. couleur et le son est recrée en post-synchro mixé sur plusieurs pistes ce qui donne un relief saisissant à la Bande Originale. Le son est très expressif (beaucoup de gags sont fondés sur le bruitage) et fait partie intégrante de la musique du film.(…)




Il n’y a aucune intrigue dans le film, on suit simplement les déambulations burlesques du personnage de Mr Hulot, interprété par Tati égaré dans une ville technocrate post-moderne assez proche de l’univers absurde du Brazil de Terry Gilliam (1985). (…)
Lors du dîner dansant au Royal Garden, qui n’est pas sans évoquer The Party de Blake Edwards (1968), Tati brocarde la haute société en créant toute une série de gags qui s’abattent sur eux au son du twist et du cha-cha. Les bruitages se mêlent à la musique. Les serveurs tombent, les vitres éclatent, le plafond s’écroule… Une séquence formidablement jubilatoire !
(source)


La morale de l'histoire? si on prend Mon Oncle:
« Qui perd, qui gagne ? On casse les vieux immeubles à la fin du film, Hulot disparaît en avion, Gérard ne semble pas triste du départ de son oncle...
Mais l'agitation un peu folle sur le parking de l'aéroport, les voitures qui tournent comme un manège autour du rond-point, M. Arpel réconcilié avec son fils remonte à contre sens une voie avec sa voiture...
La leçon du film ne permet aucunement d'enfermer Tati dans un passéisme rétrograde. Il ne condamne pas l'évolution ni le modernisme, mais plaide seulement pour la fusion des deux mondes qui, tout en apportant le progrès technologique, agirait dans le respect de ce qui fait le sens et le plaisir de la vie.
» (source)


le site officiel: Tativille.com

11 commentaires:

La Trollette a dit…

Ah le gagrgouillis de la fontaine de Mme Arpel!
Ah Mme Arpel qui coupe l'eau de la fontaine quand elle se rend compte que c'est son frère qui vient chercher Gérard!
Ah le cri de la voisine "prout-prout" en découvrant la fontaine "oh comme c'est original!"
Ah la maison qui inspecte la nuit des yeux avant de s'endormir.
Ah Gérard qui s'amuse avec ses copains en mangeant un "polonais".
Ah Monsieur Hulot qui fabrique des "saucisses" en plastique à la chaîne...
Le regard de Tati sur son époque est à la fois si acide et si tendre... on dirait un bonbon aux fruits rouge enrobé d'un papier qui craque quand on l'ouvre...
Rho et puis Brazil et The Party...
Pffffff... je sens que je ne suis pas couchée moi, ce soir, à revisionner ces films.
Va m'en falloir du Birdy Num Num pour tenir le coup!
^_^*

Chrixcel a dit…

Waouh ! je suis scotchée par ce mémorandum tatiesque des plus complets ! Il y a bien longtemps que j'ai vu Mon oncle et Jour de fête, et ces vrai que l'univers de cet homme étrange est très novateur pour l'époque je trouve. Merci en tout cas pour cet excellent interlude^^

Carline a dit…

Je suis également tres fan !!!

nath a dit…

Un bel hommage à un homme qui en vaut vraiment la peine ! Instructif en plus.. tu en sais des choses ! j'en ai appris beaucoup avec plaisir ! merci :-)

Marraine a dit…

> La Trollette: je t'avoue que les saucisses en plastique à la chaine m'ont donné des idées... toujours pas mises en pratiques, évidement ;-)

> Chrixcel: Jour de fête est le premier que j'ai vu, il m'est tellement resté en mémoire cette ambiance adorable que lorsque j'ai emménagé dans ma rue, j'ai eu un peu l'impression de m'y retrouver... la petite place, les marroniers, les cafés, les enfants qui sortent de l'école, la poste, les facteurs -pas à vélo hélàs - la boulangerie, l'église... un petit village où l'on trouve même la roulotte deux fois par an lors de fêtes da quartier et tout ça en plein Paris!

> Carline: on va monter un fan club ;-)

> Nath: oh, mais je ne savais pas tout avant de faire mes recherches!

Virginie a dit…

Bon moi je vais louer tout ça bientôt!
merci bonne Fée Marraine!

Lily a dit…

Ah j'adoooore Tati, tout simplement.
Merci pour ce très beau billet :)
tiens c'est amusant cette idée de rééditer les meubles de Mon oncle ! (je suis sûre tout de même que ça l'aurait bien fait sourire, Jacques Tati, de l'apprendre...)
Il FAUT que je revoie Playtime !

Vanessa a dit…

Superbe billet! Je connais que peu son oeuvr, à part jour de fête qu'il faut que je revois. Très obnubilée par le texte pendant des années, j n'avais pas encore pris goût à cet humour plus visuel.

Marraine a dit…

> Bonne soirée vidéo, Virginie!

> Lily: moi aussi, il faut que je le revoie!

> Vanessa: C'est vrai que c'est plus proche du cinéma muet que du vrai parlant, alors les dialogues...

Sophie a dit…

Très bel hommage marraine...
Mais je me dis que tu as dû faire des études de cinéma (comme moi) pour connaitre la filmographie d'un auteur comme Tati, ou alors que tu as dû évolué dans un milieu cinéphile...:)

Marraine a dit…

> Même pas, Sophie, ni études cinématograpiques, ni milieu très cinéphiles : c'est de la pure curiosité de ma part pour un cinéaste dont j'ai apprécié les films tellement différents de tout ce que je connaissais...

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