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mardi 30 avril 2013

Derniers jours d'avril


Quelques sujets qui m'ont attiré l'oeil ou l'oreille ces derniers jours :

- Un ours polaire dans l'atelier du plasticien/modelmaker Sylvain Bossut (Les Trucmuches)
- Des robes en papier toilette qui seront présentées à la Foire de Paris
- Un concert de Claire Redor ce jeudi soir à Nantes, au TNT (FB)
- D'étranges figurines chats par Oana Ildiko Muresan (FB)
- Un appel de l'illustratrice Anaïs Massini : Offrez-lui un café, elle en a bien besoin! (annaismassini.com)
- La nouvelles collection de livres de recettes des éditions L'épure (voir la précision ci-dessous)
- La prochaine expo-vente de Michèle Forest, artiste textile, les 10, 11 et 12 mai à Asnières (Région parisienne).(J'adore ses parures textiles inspirées de l'Amazonie ou de l’Afrique)
- Un entretien avec le grand Ernest Pignon-Ernest à réécouter sur le site de la radio France Inter.
- Un collier de papier de l'artiste Luis Acosta illustrant un entretien avec Carolina Leon Firrell, graphiste sur porcelaine. Luis Acosta exposera avec le collectif Intention Papier à partir du 3 mai à Nogent sur Marne en région parisienne.(Plus d'infos sur la page FB du collectif)
- Un journal de voyage en Inde par l'artiste Cali Rezo

... entre autres! Et vous?

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EDIT : Bien sûr, Epistyle a raison, il ne s'agit pas de la nouvelle collection de livres de cuisine parue aux Editions de l'épure, mais bien des derniers titres, petite précision!

jeudi 21 février 2013

Ali colore le monde

Un portrait d'Ali Akbar, vendeur de journaux à St Germain des près

«Ça y est : « on a retrouvé le père de Zohra », Ça y est :« Fuite des cerveaux : Johnny Hallyday quitte la France », Ça y est : « Encore une catastrophe : la femme de Hollande est revenue », « Ça y est : Montebourg démissionne » etc...
Depuis trente-six ans, Ali Akbar annonce à St Germain des près à Paris, les mauvaises nouvelles, les bonnes… mais aussi celles qui jaillissent de son esprit facétieux. 
(sources : Le Parisien et Dédé, mais j'aurais pu tout aussi bien me souvenir un peu mieux de sa voix et de ses mots avant d'écrire ça!) 

Depuis le temps que je voulais prendre cette photo.
Non pas aller indécemment mettre mon appareil photo sous le nez de ce personnage, mais bien garder sur le carnet de notes qu'est ce blog, cette image colorée.
"Ali Akbar colore le monde" voilà ce qu'indique la légende de cette peinture murale. Et c'est bien de cela qu'il s'agit : ce vendeur de journaux germanopratin colore les nouvelles d'un regard malicieux, ironique, et redonne le sourire autour de lui dès qu'on l'entend.
Vendeur à la criée. Oui, mais des cris facétieux et toujours

Vous pouvez l'entendre ici entre autres.
Il a publié deux livres :
- Je fais rire le monde, mais le monde me fait pleurer
- La fabuleuse histoire d'un vendeur de journaux qui a conquis le monde

lundi 14 mai 2012

L’anniversaire

Monsieur et Madame vivent dans un joli quartier.
Monsieur et Madame sont heureux.
Ils viennent d’acheter un nouvel appartement.
Grand.
Très grand même.
Un vieil appartement qui n’a pas été rafraichit depuis des dizaines d’années.
Les papiers peints se décollent un peu, les peintures s’écaillent par endroit, les tableaux ont laissé leurs traces sur les murs. Le parquet craque, les fenêtres se ferment mal, ça sent la poussière.
Mais ils sont heureux.

Les travaux débutent demain. Là ils feront leur chambre, là, celle de leur fille, ce mur-ci sera abattu, ce point d’eau déplacé…
Ce soir-là, c’est l’anniversaire de Madame.
- Ma chérie, j’ai réservé une table à huit heures et demie. Partons un peu en avance, nous passerons par l’appartement pour récupérer les clés, les ouvriers en auront besoin pour les travaux.

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C’était une nuit chaude et parfumée, 
une de ces nuits de printemps 
où l’on se serait cru aux plus beaux jours de l’été.

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20h20, ils ouvrent la porte.

Pourquoi le couloir du fond est-il éclairé ?
Il y a un peu de bruit.
Et les grandes portes-fenêtres de part et d’autre de l’entrée sont obstruées par des bâches de chantier…


Un ouvrier en bleu de travail fait son apparition.
- Mais? …Que faites-vous ici ?
Elle est interloquée.
- Nous, Madame ? On est l’équipe de nuit. - Mais vous ne deviez arriver que demain !? - Ah, Madame, faut voir ça avec l’entreprise ! Ils ont décidé de prendre de l’avance. D’ailleurs, vous voyez bien, nous avons tout bâché à cause de la poussière, on va poncer !

(…)

- Ah bon, c’est votre anniversaire, Madame ?! Alors venez boire un coup avec nous, on a même des petites choses à grignoter ! Bon, ne le leur dites pas, hein, on avait prévu de diner ici !

 Et sur la table de chantier, sous les yeux médusés de Madame (et de Monsieur), les ouvriers dévoilèrent le « casse-croûte du peintre » : Jambon Pata Négra, pâtés en croute truffés au foie gras, et de délicieuses petites choses qui ne demandaient qu’à être savourées. Des placards sortirent les verres, les bouteilles, les plateaux de crostinis.


A ce moment-là, la porte sonna, et entrèrent une soixantaine de personnes, tous les proches de Madame, qui n’en revenait pas de cet anniversaire surprise – car elle avait bien évidemment compris qu’il s’agissait de cela.
Les rires fusèrent, les éclats de joie, les embrassades, les larmes d’émotion.

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C’était une nuit chaude et parfumée, 
une de ces nuits de printemps 
où l’on se serait cru aux plus beaux jours de l’été.
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Au bout d’une heure et demie, les ouvriers s’éclipsèrent un instant avant de réapparaitre en grande tenue de serveurs et maitre d’hôtel. Ils arrachèrent les bâches qui masquaient les deux grandes pièces de réception, et tels des magiciens, dévoilèrent une extraordinaire table éclairée de mille bougies, dont les flammes se reflétaient dans l’or des chaises, le cristal des verres, et l’argent des couverts. Les guirlandes de jasmin couraient sur la table et embaumaient l’atmosphère.


Tous les convives prirent place à cette table de fête apparue comme par magie, une apparition de conte de fées.

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C’était une nuit chaude et parfumée, 
une de ces nuits de printemps 
où l’on se serait cru aux plus beaux jours de l’été.

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Le diner fut simple, mais délicieux, et les gambas grillées, (plat préféré de madame) furent accompagnées de dômes de riz noir de la vallée du Pô, cachant en leur cœur un trésor de petits légumes d’été, tel la bogue de terre d’une pierre précieuse, qui laisse voir les cristaux de rubis ou d’émeraude en son sein.


Après le salé, le silence se fit et l'on vit apparaitre le dessert, qui arriva sous la forme de très graphiques gâteaux Mont-Blanc de la célèbre pâtisserie parisienne Angelina, auréolés de la lumière des bougies.

Madame ne put retenir des larmes d'émotions, et Monsieur, debout, invita au silence pour remercier tous ceux qui étaient présents, autant les convives que les magiciens de cette soirée, Marie Chemorin et son équipe, mains invisibles du château de la Belle et la bête.



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C’était une nuit chaude et parfumée, 
une de ces nuits de printemps 
où l’on se serait cru aux plus beaux jours de l’été.

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Conception et Scénographie : Marie Chemorin et Delphine Roche de Montgrand
Réalisation : Marie Chemorin et son équipe (Julien, Pascal, Pierre, Delphine, Régine, Claudine, Lionel, Christophe)
Texte : Delphine Roche de Montgrand
Photos : © Régine Abadia
Liens :
- Marie Chemorin
- Delphine Roche de Montgrand
- Régine Abadia

mardi 21 juin 2011

De la rue au musée



Redécouverte grâce à l'illustratrice Gwen Leven, la vidéo de cette expo de Banksy au musée de Bristol en 2009 me fait toujours plaisir.
Un grand maître de l'art urbain passé dans le musée, comme quelques autres avant lui.
Beaucoup de poésie dans son insolence, un peu de tristesse dans la vision de notre monde tel qu'il le dénonce, mais aussi une grande justesse. 

vendredi 17 juillet 2009

Forever...

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Il y a quelque jours a eu lieu le dernier défilé de haute couture de Christian Lacroix.
Le défilé Hiver 2009/2010.
La maison Lacroix a mis la clé sous la porte. On souhaite qu'un financier montre son nez très rapidement.
Un peu plus de vingt ans à me faire rêver.
Ça ne peut pas se terminer ainsi...

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Un modèle du défilé en question, tout en noir, comme le reste de la collection.
Noir, mais pas sobre, heureusement Lacroix reste Lacroix et il n'aurait pu se passer de broderies extraordinaires ou de dentelles fabuleuses.

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Deux magnifiques robes ( dont la couverture du catalogue de l'exposition) exposées en 2004 au musée d'Alençon.

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Et une photo des coulisses du défilé anniversaire des 10 ans de la maison Christian Lacroix, il y a quelques années. ( In L'Officiel de la mode, 96/97)

(Entre nous, il y en a une qui n'aurait pas du changer de métier, elle est très bien dans ce rôle-là ;-)

vendredi 10 juillet 2009

La facture

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via I Believe in Advertising, une publicité pour le Musée de la BD à Lucca, (Comics Museum Lucca) qui vante les mérites artistiques de la bande dessinée : "Comics are art, just funnier. "
"la BD, c'est de l'art, en plus drôle".

lundi 20 avril 2009

Narcissisme

Un Orphée narcissique, Jean Marais dans le film de Jean Cocteau, Orphée aux Enfers. (Petit mot à l'attention de Bridget : Patience, ce n'est qu'un début...;-)

Près de là était une fontaine dont l'eau pure, argentée, inconnue aux bergers, n'avait jamais été troublée ni par les chèvres qui paissent sur les montagnes, ni par les troupeaux des environs.

Narcisse vint s'asseoir, attiré par la beauté, la fraîcheur, et le silence de ces lieux. Mais tandis qu'il apaise la soif qui le dévore, il sent naître une autre soif plus dévorante encore. Séduit par son image réfléchie dans l'onde, il devient épris de sa propre beauté.

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Mais si la glace se trouble, le reflet disparait et le pauvre Narcisse en mourra de douleur de ne plus voir l'image aimée.
Asylum – Narcisse
Exposé du 3 Avril au 23 Mai 2009, Tools Galerie


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- A gauche, Narcisse par Mathieu Lehanneur
"Assouvir jusqu’à l’écœurement nos besoins de narcissisme."
"Miroir liquide. A l’état initial, la surface est plane et reflète sans déformation. Lorsqu’on s’y approche, la vasque intérieure se met en rotation et déforme la surface du miroir."
- A droite, détail de Narcisse et Echo de Waterhouse.

Il est charmé de lui-même : il est à la fois l'amant et l'objet aimé; il désire, et il est l'objet qu'il a désiré; il brûle, et les feux qu'il allume sont ceux dont il est consumé. Ah ! que d'ardents baisers il imprima sur cette onde trompeuse !

Il pleure, l'eau se trouble, l'image disparaît; et croyant la voir s'éloigner : "Où fuis-tu, s'écria-t-il, cruel ? je t'en conjure, arrête, et ne quitte point ton amant.


Ainsi, brûlé d'une flamme secrète, l'infortuné se consume et périt. Son teint n'a plus l'éclat de la rose et du lis; il a perdu cette force et cette beauté qu'il avait trop aimée, cette beauté qu'aima trop la malheureuse Écho.

Est-ce l'ombre de la pauvre nymphe Echo qui se cherche dans le miroir de Narcisse d'où avait disparu l'image de son bien-aimé?

Bo Reudler studio - Narcisse, 2005

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à gauche, un Narcisse de Pompéi,
à droite celui du Caravage

On avait déjà préparé le bûcher, les torches, le tombeau; mais le corps de Narcisse avait disparu; et à sa place les Nymphes ne trouvèrent qu'une fleur d'or de feuilles d'albâtre couronnée.

Les textes en italique sont extraits des Métamorphoses d'Ovide, livre III,(339-510)

à suivre...

vendredi 17 avril 2009

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Un ange dessiné à la craie, sur les murs noircis de l'église St-Sulpice à Paris (chut! on chuchote que le styliste Jean-Charles de Castelbajac en serait l'auteur) et un dessin de Jean Cocteau pour le Testament d'Orphée.

An angel designed with a chalk, on a dark wall of the St-sulpice church in Paris (hushh! One whispers that the fashion designer Jean-Charles de Castelbajac designed perhaps it him-self) and a design made by Jean Cocteau for le Testament d'Orphée.

samedi 2 août 2008

Vacances

Carte postale d'un été où je m'éloigne enfin.
La publication suit son cours, sans moi, à bientôt!



mercredi 9 juillet 2008

En suivant les traces...

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Le même , quelques jours plus tôt.
The same, a few days ago.
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Dans l’est parisien, entre le canal St Martin et Ménilmontant...
Un artiste anonyme lâche régulièrement des cervidés non pas dans la nature, mais sur les murs de la ville.
Si quelqu'un a des infos, je prends!

In the east part of Paris, between the Canal St Martin and Ménimontant…
An anonymous artist releases regularly small deers not in the nature, but on the city’s walls.
If somebody has any information, just let me know!


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mercredi 2 juillet 2008

mardi 1 juillet 2008

Blek et Ernest

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Tiens, Blek le rat se prend pour Ernest Pignon Ernest.
via Woodster Collective et Musecrack


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Trois des oeuvres de Ernest Pignon Ernest, tirées de la série sur Naples.

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La Madone des pèlerins, Caravaggio, Rome, Chiesa de Sant'Agostino.
Un tableau merveilleux qui fit scandale à cause des pieds nus de la vierge.

Encore une curieuse apparition à Naples, ici.

lundi 16 juin 2008

Eclaboussures

Après une série sur les coulures et ce qu'elles inspirent aux designers, voici des éclaboussures, à différentes échelles.
Ici le "Milk crown tray" de Duende, un vide poche entre la couronne et l'éclaboussure d'une goutte de lait.

After a series about what inspire things flowing to designers, an other series about splashes, in different sacles.
Here the "Milk crown tray", designed by Duende. A small tray between a crown and a milk drop splash.


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Splash Dipping Bowls, Akimasa Yamada, 2007

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1 & 4 - Radi Designers , Coffee Drop Splash, biscuit, 1994.
"Conçu pour s'adapter aux différentes tasses expressos, ce biscuit matérialise l’éclaboussure figée d’une goutte de café" Je regrette qu'il n'ait jamais été qu'un prototype.
"Conceived to adapt itself to various expressos cups, this biscuit realizes the motionless spatter of a coffee drop. " I regret it was never published by any biscuits firm.

2 & 3 - Michael L. Wendel , Splash Lounge.
La version maxi de l'éclaboussure, transformée en fauteuil de piscine.
The giant version of the splash, It’s now a swimming pool armchair.
via YankoDesign

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Une intéressante interprétation de l’éclaboussure sous forme de tache, vue par la publicité.
An interesting interpretation of the splash as a stain, seen by the advertising.

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Des morceaux d'une campagne publicitaire pour une boisson lactée " pour ado" qui s'affiche sur les murs de Paris actuellement. A gauche la version destinée aux garçons, à droite - en rose, bravo le cliché- pour les filles.

Fragments of a teenager milky drink advertising campaign in the Parisian subway. On the left the version intended for the boys, on the right - in pink, bravo the cliché- it’s for the girls.

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Deux bagues en porcelaine de Dror, réalisées en trempant de morceaux de fourrure recyclées dans de la porcelaine. Chacune est ainsi totalement unique, il ne peut y en avoir deux identiques.

Two porcelain rings by Dror. "These pieces were created by dipping second hand fur into porcelain, then shaping and firing them. Each is unique and impossible to replicate."

via Karin Erikson and 18KT

vendredi 6 juin 2008

"Poussières, décombres et merveilles"

lien vers la bande son

Il est des endroits ordinaires qui racontent des histoires extra-ordinaires.
Des endroits sales et mal tenus, désordonnés, crasseux, pouilleux même parfois. Des endroits qui donnent à respirer un air glauque, une atmosphère fétide ou chargée de poussières ou de maladie, un misérabilisme digne de Zola ou de Dickens, mais qui aussi bien que ces auteurs racontent une histoire.
Des histoires.
Des lieux qui sont plus que des illustrations.
On y entend les voix, les bruits, la vie.

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Dans l’arrière cour pavée d’une boucherie que n’aurait pas reniée le personnage principal de Delicatessen, les poubelles de métal ont été sorties par la concierge de l’immeuble d’à côté.
La lumière tombe du réverbère, jaune, sale elle aussi.
La pompe à eau semble n’avoir jamais craché qu’une eau boueuse puisée dans le fleuve proche. Le sang des bêtes a taché le sol par endroit, on le lave à grande eau, sans jamais arriver à éliminer les derrières traces.
Un rat traverse la cour.
Un chat galeux guette depuis la lucarne, toujours en guerre contre les rongeurs, trop nombreux.
On sent la pisse de chien, de chat, l’urine d’un ivrogne, le vomi d’un enfant, pleurnichant, et plein de morve, se mouchant dans le tablier se sa mère, épuisée par les grossesses…

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Plus loin c’est un atelier, ou une serre, ou les deux. Un jardin d’hiver en désordre. Des toiles, des pinceaux, des palettes sur la table, le chevalet, par terre, partout…
Les murs sont recouverts de papier peint qui a moisi par endroit. Le lieu est humide, froid, plein d’objets, de souvenirs, de plantes dont on se demande comment elles peuvent survivre ici.
L’occupant des lieux mène une vie de Bohème, faite d’on ne sait trop quoi.
De peinture probablement.
Les vitres sont sales, comme tout le reste.
Ca sent le tabac froid, la peinture, la moisissure.
Un grand tapis persan très élimé, mais qui du être très beau en son temps, couvre une partie du sol carrelé de noir et blanc.
La pièce a un beau volume, mais rien n’a été entretenu.

Et puis il y a le hammam... entre autre car Ronan-Jim Sévellec a créé tant de lieux miniatures depuis 1989 que les histoires ont nombreuses.

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Ce sont des boites qui tiennent à la fois de la maison de poupée et du cabinet par leur côté miniature emboîtée et de la curiosité par le sentiment qu’elles provoquent. On se sent voyeur d’un monde étrange, qui attire l’attention par l’accumulation de détails et par son insalubrité.
Ce hammam qui l’on découvre dans sa grande boite de verre, est littéralement mis en vitrine, et nous sommes comme les passants devant les grands magasins. On s’attend presque à y voir arriver les baigneurs.
Mais également, cette boite comme un cercueil de verre semble renfermer quelque chose de mort. L’eau a croupi dans le bassin, l’humidité a noircit par endroit le carrelage, la pourriture fait son office.

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La dernière exposition a eu lieu à la Galerie Nuit d’encre
64 rue Jean-Pierre Timbaud
75011 Paris

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La prochaine aura lieu à l’automne 2008
Galerie Antonime Catzeslis
23 rue st Roch
75001 Paris

liens:
-le site de Ronan-Jim Sévellec
-les articles de la Galerie Nuit d'Encre qui lui sont consacrés

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